Critiques de « Lo cro do diable », de Serge Vacher
« « Lo Cro du Diable » de Serge Vacher nous arrache à la réalité urbaine. Il raconte avec une passion qu’on sent profonde chez l’auteur, la nature limousine, la brutalité du monde paysan mais aussi sa beauté. Des intérêts politiques et sordides, les finances de l’Europe, le cynisme des décideurs dès que la protection de l’environnement implique des contraintes, face au bon sens des gens de la terre, à la pugnacité d’un gendarme, d’un journaliste et d’un ouvrier agricole qui adorent lever le coude en bonne compagnie. Le tueur joue de l’arbalète, on tue aussi au tracteur, les légendes d’autrefois ont la vie dure et les putes ont le cœur chaleureux. Le contexte est original, le discours intelligent, l’intrigue drôlement bien ficelée, je vous souhaite bien du plaisir ! »
> Intégralité de l’article sur le blog de Jeanne Desaubry
« C’est avec une vraie tendresse que l’auteur évoque le Limousin et ses décors naturels sauvages. “Louis put ainsi entendre enfin le vent bruissant les branches sèches, caressant les herbes encore debout, le vent sifflant le long de la lande, dont le souffle chaud en cette fin d’après-midi venait lui caresser le corps… Il écouta les branches mortes craquer au passage furtif d’un animal, les oiseaux muets d’abord, surpris eux aussi du silence après les grondements infernaux du moteur de la machine, se remettre à chanter, s’appeler de nid en nid, puis voleter un peu (…) Il écouta encore le vent filer vers le trou sombre, la crevasse, lo Cro do Diable, si profond, si plein de légendes, porteur de maléfices…” Cet environnement est menacé par un projet aux conséquences mal maîtrisées, bien que les complaisants rapports officiels se montrent rassurants.
Serge Vacher nous présente aussi une belle galerie de personnages, issus du quotidien. Jojo noyant sa retraite dans l’ivresse, Louis le paysan sincère, le beau Pierre séducteur de balloches, Bastien le flic un peu blasé, Max le journaliste humaniste (“Dis donc, c’est pas parce que je fais des piges dans un journal régional de merde, à rencontrer des paysans obtus, des sportifs poussifs ou des hommes politiques sans envergure qu’il faudrait me prendre pour un imbécile. Mon boulot, c’est de comprendre où je vis et de les faire causer, ces cons-là. Qui sont quelquefois pas si cons que ça, d’ailleurs.”) Le contexte, cette vie simple et honnête qui est la leur, est bouleversé par plusieurs morts suspectes. Pour de minables enjeux internationaux, somme toute. Les héros locaux de cette histoire semblent dire : “Laissez-nous vivre à notre guise, à notre rythme”. Voilà sans doute ce qui rend cette intrigue convaincante. »
> intégralité du (long) article sur le blog « Action Suspense ».
« Ça picole sec dans ce petit polar limousin aux accents écolos, les foies s’y avèrent de bien accueillantes éponges, et ça démarre tôt le matin au “ 10° doux ”, pour finir le soir à coups de litrons d’un douze qui tache, avec, entre les deux, des mousses amères, des jaunes bien épais en veux-tu en voilà, des blancs secs comme le paysage alentour, des rosés qui « filent des aigreurs d’estomac ». Le style aussi y est rocailleux, et humain, comme ces habitants faux taiseux croqués avec vérité de deux trois coups de plume rêche. Lo cro do diable est le second roman plein de promesses d’un instituteur limougeaud. »
> intégralité de l’article sur le blog « Chroniques Noires » de Gilles Vidal.
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